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Gyeongju : l'ancienne capitale de Silla, le « musée sans toit » de Corée

31 juillet 2026 8 min de lecture L'équipe Korean Stories
Le pavillon de Donggung Wolji illuminé et reflété dans l'étang à l'heure bleue, Gyeongju
Photo : Basile Morin · CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons

Un dicton local le résume bien : « il suffit de creuser n'importe où à 경주 pour trouver des vestiges ». Pendant près de mille ans, cette ville a été la capitale du royaume de 신라 — aujourd'hui, temples, tombeaux royaux et observatoire millénaire se visitent au milieu d'une ville bien vivante, ce qui lui vaut son surnom : le « musée sans toit ».

Mille ans de capitale

Fondé en 57 av. J.-C. selon la tradition, le royaume de Silla fait de cette ville — alors appelée Seorabeol (서라벌) — sa capitale jusqu'à sa chute en 935 apr. J.-C. Après l'unification des Trois Royaumes en 676, Gyeongju devient le centre politique et culturel de toute la péninsule pendant l'âge d'or de Silla unifiée. Le surnom qui circule aujourd'hui, 지붕 없는 박물관 jibung eomneun bangmulgwan (littéralement « musée sans toit »), vient de la densité de sites historiques que l'on croise en marchant simplement dans la ville, sans qu'aucun bâtiment de musée ne les encadre. Quatre ensembles sont aujourd'hui classés UNESCO, dont les zones historiques de Gyeongju (2000) qui regroupent à elles seules 52 biens protégés.

Bulguksa et Seokguram, sur la même montagne

Le temple 불국사 Bulguksa et la grotte 석굴암 Seokguram, tous deux classés UNESCO, partagent le mont Tohamsan et se visitent en général le même jour (bus n°12 entre les deux, environ 20 minutes). Depuis le 4 mai 2023, l'entrée est gratuite dans les deux sites, comme dans 65 temples coréens détenteurs de biens culturels nationaux.

À Bulguksa, les deux pagodes Dabotap et Seokgatap se font face dans la cour principale : la première, très ornée, représente la richesse spirituelle ; la seconde, épurée jusqu'à l'essentiel, symbolise l'ascension vers l'Éveil — un contraste voulu, pas un hasard de style. Les escaliers de pierre Cheongungyo-Baegungyo qui montent vers l'entrée comptent 34 marches, un nombre qui correspondrait aux étapes vers l'Éveil dans la tradition bouddhiste.

석굴암 — la grotte retrouvée par hasard

Oubliée pendant des siècles, la grotte a été redécouverte en 1909 par un facteur qui s'y est réfugié pendant un orage. Depuis les années 1970, une paroi de verre protège la statue du Bouddha contre l'humidité : impossible d'entrer ou de photographier l'intérieur, sauf le jour de l'anniversaire de Bouddha, où le public peut exceptionnellement en faire le tour.

Prévois la visite tôt le matin : le site est réputé pour son point de vue sur le lever de soleil au-dessus de la mer de l'Est.

Daereungwon et le tumulus Cheonmachong

Le parc Daereungwon (대릉원), une vingtaine de tumulus royaux au cœur de la ville, se visite librement et gratuitement. Un seul tombeau se visite à l'intérieur : le Cheonmachong (천마총, billet à part, quelques milliers de wons), qui abrite la reproduction de la peinture du « cheval céleste » (천마도) — l'original, trop fragile pour être exposé en permanence, est peint sur une bâche en écorce de bouleau, un arbre qui ne pousse pas nativement en Corée mais en Sibérie : un indice concret des liens de Silla avec les steppes du nord, rarement mentionné dans les guides classiques.

Donggung Wolji, le spot de nuit incontournable

L'étang du palais 동궁과 월지 Donggung-gwa Wolji, construit vers 674, a longtemps été connu sous le nom d'Anapji — jusqu'à ce qu'une tablette d'argile retrouvée lors d'un dragage dans les années 1980 révèle son nom d'origine, Wolji. À la tombée de la nuit, l'éclairage doré des pavillons se reflète parfaitement sur l'eau immobile : c'est cette image, devenue la carte postale la plus reconnaissable de Gyeongju, qui illustre cet article.

Le secret à deux pas de Wolji : le pont en bois Woljeonggyo (월정교), reconstruit entre 2008 et 2018 sur les fondations d'un pont Silla incendié à l'époque Joseon, offre un reflet nocturne tout aussi spectaculaire sur la rivière Namcheon — avec beaucoup moins de monde qu'à Wolji.

Cheomseongdae et le musée national

À deux pas, l'observatoire Cheomseongdae (첨성대), construit sous le règne de la reine Seondeok au VIIe siècle, est considéré comme le plus ancien observatoire astronomique conservé d'Asie — ses 362 pierres de granit correspondraient traditionnellement aux jours de l'année lunaire. Le musée national de Gyeongju, gratuit pour ses collections permanentes, conserve la cloche du roi Seongdeok (18,9 tonnes), surnommée « cloche Emille » d'après une légende macabre et le son qu'elle produirait, évoquant le mot coréen pour « maman ».

황남빵 — la pâtisserie qu'on rapporte de Gyeongju

Née en 1939, cette petite pâtisserie fourrée de pâte de haricots rouges se vend uniquement par boîte, dans la boutique d'origine du centre-ville — attends-toi à faire la queue, surtout le week-end après-midi.

C'est un cadeau classique à ramener à des collègues ou à la famille — au même titre qu'on ramènerait des chocolats d'un voyage en France.

Comment y aller et se déplacer

Depuis Séoul, le KTX relie la gare de Gyeongju en environ 2 heures, avec des dizaines de trains par jour. Un détail qui prête à confusion : jusqu'à fin 2021, il existait deux gares distinctes — l'ancienne gare centrale (fermée au trafic voyageurs le 28 décembre 2021 pour protéger le patrimoine environnant) et la gare KTX excentrée, longtemps appelée « Singyeongju », officiellement rebaptisée simple « gare de Gyeongju » depuis fin 2023. Cette gare reste à une dizaine de kilomètres du centre historique (bus n°700 ou taxi).

Une fois sur place, le vélo est de loin l'option la plus populaire : la ville est plate, les loueurs sont nombreux près de la gare, de Daereungwon et du lac Bomun, et le tour du lac à vélo (environ 16 km) est un classique. Les sites du centre (tumulus, Cheomseongdae, Wolji, musée) se regroupent sur quelques kilomètres ; Bulguksa et Seokguram, plus excentrés, se rejoignent en bus ou en taxi.

Le saviez-vous ? Gyeongju a accueilli le sommet des dirigeants économiques de l'APEC fin octobre 2025, avec la signature de la « Déclaration de Gyeongju » — un coup de projecteur international récent que peu de guides mentionnent encore.