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-다고, -냐고, -자고, -라고 : le discours indirect coréen

5 août 2026 9 min de lecture L'équipe Korean Stories
Intérieur de la librairie Kyobo à Gwanghwamun, Séoul, rayonnages et tables chargées de livres

« Il paraît qu'il va pleuvoir demain. » En français, cette phrase demande un effort réel : changer de pronom, souvent basculer au conditionnel. En coréen, le même genre d'énoncé passe le plus souvent par une simple terminaison collée à la fin du verbe — et à l'oral, cette terminaison se contracte encore, en une syllabe qui ne ressemble à rien de ce qu'on attend.

Quatre types, une seule mécanique

Le discours indirect coréen colle une terminaison à la forme dictionnaire du verbe cité, suivie de 하다 — et cette terminaison change selon le TYPE de phrase d'origine, pas selon son contenu.

Déclarative
-ㄴ다고/-는다고 (verbes), -다고 nu (adjectifs, 있다/없다). Jamais ×이다고 pour 이다 : toujours -(이)라고.
Interrogative
-느냐고 en registre soutenu, mais -냐고 domine largement à l'oral — même les natifs le jugent naturel. Piège : 있다/없다 suivent ici le patron du VERBE (있느냐고), pas celui de l'adjectif comme au déclaratif.
Impérative
-라고 (voyelle ou radical en ㄹ, qui ne tombe PAS ici) / -으라고 (consonne). Irréguliers concernés : 듣다→들으라고.
Propositive
-자고, directement sur le radical, sans exception relevée.

Le niveau de politesse de la phrase d'origine disparaît entièrement dans cette terminaison : seul le 하다 final (해요/합니다/해) porte la politesse du rapporteur, quel que soit le registre de la phrase citée.

-대, -냬, -재, -래 : pas des fautes, des formes normales

À l'oral, personne ou presque ne dit la forme longue. -다고 해(요) devient -대(요), -(느)냐고 해(요) devient -냬(요), -자고 해(요) devient -재(요), -(으)라고 해(요) devient -래(요). Ce ne sont pas des raccourcis d'apprenant à corriger : ce sont les formes attendues en conversation courante, la forme longue étant réservée à l'écrit ou à un contexte volontairement soutenu (annonces officielles, service client).

Ce qui change vraiment par rapport au français

Deux différences structurelles méritent l'attention, bien plus que la mécanique de conjugaison elle-même :

Les pronoms. Le français impose de recalculer la personne au discours indirect (« il vient » → « il a dit qu'IL viendrait »). Le coréen, langue qui omet très largement le sujet à l'oral, n'a souvent tout simplement rien à recalculer — le travail cognitif se déplace entièrement sur le choix de la bonne terminaison, pas sur le pronom.

Le temps verbal. Le français bascule au conditionnel (« il vient » → « il a dit qu'il viendrait »). Le coréen, lui, conserve le temps de l'énoncé original — aucun décalage artificiel. 먹었다고 했어요 rapporte « il a dit qu'il avait mangé » (passé conservé) ; 먹는다고 했어요 rapporte « il a dit qu'il mange » (présent conservé). Le temps du verbe cité reste celui du moment où la phrase a été dite, jamais recalculé par rapport au moment où on la rapporte.

Un deuxième usage, très courant : l'info entendue

Ces structures ne servent pas qu'à rapporter les mots précis de quelqu'un — elles marquent aussi une information entendue de façon générale, sans locuteur identifié : une rumeur, une actualité, la météo. 내일 비가 온대요 (« il paraît qu'il va pleuvoir demain ») ne rapporte les paroles de personne en particulier — c'est ce sens qui explique pourquoi ces formes contractées reviennent sans arrêt dans une conversation coréenne banale, bien au-delà du seul « il/elle a dit que ».

Les quatre types en pratique

Déclarative — direct : « 가 와요 » → complet : 비가 온다고 해요 → contracté : 비가 온대요. FR : « Il paraît qu'il pleut. »

Interrogative — direct : « 언제 와요 ? » → complet : 언제 오냐고 해요 → contracté : 언제 오냬요. FR : « Il/elle demande quand tu viens. »

Impérative — direct : « 빨리 오다 세요 » → complet : 빨리 오라고 해요 → contracté : 빨리 오래요. FR : « Il/elle dit de venir vite. »

Propositive — direct : « 같이 먹다 어요 ! » → complet : 같이 먹자고 해요 → contracté : 같이 먹재요. FR : « Il/elle propose de manger ensemble. »

À retenir Quatre terminaisons pour quatre types de phrase, jamais pour quatre sens différents : une fois qu'on sait si la phrase d'origine était une affirmation, une question, un ordre ou une proposition, la terminaison suit une règle fixe — le vrai travail d'apprenant, c'est d'automatiser les formes contractées, omniprésentes à l'oral.